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Stationnement en parties communes de copropriété : quelles règles s’appliquent ?

Par Julien Berthou9 septembre 202615 min de lecture

Parking souterrain d'immeuble résidentiel

Stationnement en parties communes de copropriété : quelles règles s’appliquent ?

Par Julien Berthou · Publié le 9 septembre 2026

En résumé

  • Le stationnement en copropriété est régi avant tout par le règlement de copropriété.
  • Une place en partie commune appartient à tous : aucun coproprietaire n’en a l’exclusivité sans acte notarié.
  • Le syndic peut agir contre tout stationnement abusif, avec le soutien d’une décision d’assemblée générale.
  • Le droit à la prise permet d’installer une borne de recharge sur un emplacement privatif sans vote préalable.

Le stationnement en parties communes de copropriété est régi avant tout par le règlement de copropriété, qui fixe les droits et les obligations de chaque résident à l’égard des zones partagées. En l’absence de règles spécifiques dans ce document, c’est la loi du 10 juillet 1965 sur la copropriété et ses décrets d’application qui s’imposent à tous.

Des places attribuées aux zones interdites, du rôle du syndic aux votes en assemblée générale, les règles du stationnement en copropriété forment un ensemble plus structuré qu’il n’y paraît au premier abord. Cet article passe en revue chaque situation concrète : droits des coproprietaires, gestion des places en parties communes, sanctions contre les stationnements abusifs et nouvelles règles liées aux bornes de recharge électrique.

Parties communes et stationnement : de quoi parle-t-on exactement ?

Dans une copropriété, les parties communes désignent tous les espaces qui appartiennent collectivement à l’ensemble des coproprietaires : halls d’entrée, couloirs, cours intérieures, allées de circulation et, très souvent, les zones de stationnement non attribuées à titre individuel. La distinction avec les parties privatives est fondamentale : un emplacement privatif figure au titre de propriété de son titulaire et lui appartient en propre, tandis qu’une place en partie commune appartient à tous et ne peut pas être appropriée durablement par un seul résident.

Une copropriété peut regrouper plusieurs configurations d’emplacements : des places en parties communes générales accessibles à tous les résidents, des places attribuées à titre de jouissance privative à certains lots précis, et des lots de stationnement indépendants, dotés de leurs propres tantièmes, que leur propriétaire peut vendre séparément. Ce sont ces distinctions qui déterminent qui a le droit de stationner où et dans quelles conditions : et c’est précisément ce que le règlement de copropriété est censé préciser pour éviter tout litige entre résidents.

La question du stationnement dans les parties communes se pose avec acuité dans les résidences denses, où le nombre de véhicules des résidents dépasse souvent le nombre de places disponibles. Dans ce contexte, la clarté des règles inscrites dans le règlement et l’action du syndic de copropriété deviennent des enjeux de tranquillité quotidienne pour l’ensemble des habitants de la résidence.

Le règlement de copropriété : la référence obligatoire

Le règlement de copropriété est le document central pour toute question liée au stationnement dans une résidence. Il précise la destination des parties communes, les conditions d’utilisation des places, les restrictions éventuelles : type de véhicule autorisé, durée maximale de stationnement, horaires d’accès : et les droits reconnus à chaque résident. En cas de litige entre voisins sur l’usage du parking, c’est toujours ce texte qui prime sur tout accord verbal ou usage informel.

Ce règlement peut prévoir que seuls les véhicules des résidents sont admis dans l’enceinte de la résidence, ou que certains types de véhicules sont exclus des parties communes. Il peut aussi désigner des emplacements numérotés attribués à des lots précis, ou au contraire laisser le stationnement libre pour l’ensemble des résidents dans une zone collective dédiée. Ces choix varient d’une copropriété à l’autre selon les décisions prises lors des assemblées générales successives.

L’erreur que je rencontre le plus souvent dans ce domaine, c’est de confondre habitude et droit. Occuper la même place année après année ne crée aucun droit de jouissance exclusive sur cette place, sauf si le règlement de copropriété ou un acte notarié le prévoit expressément. Cette confusion génère de nombreux conflits qui auraient pu être évités avec une lecture attentive du règlement dès le départ.

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Ce que le règlement peut interdire ou autoriser

Le règlement de copropriété dispose d’une grande latitude pour encadrer le stationnement dans les parties communes. Il peut réserver des emplacements aux personnes à mobilité réduite, limiter le stationnement des visiteurs à une zone délimitée, ou encore imposer des règles de circulation à l’intérieur de la résidence. Certains règlements fixent une durée maximale de stationnement dans les zones communes, au-delà de laquelle un véhicule est considéré en infraction au regard du règlement intérieur.

En revanche, le règlement ne peut pas déroger aux dispositions légales d’ordre public. Il ne peut pas priver un coproprietaire de l’accès à sa place privative, ni prévoir des restrictions discriminatoires entre des coproprietaires en situation équivalente. Toute règle prévue par ce document doit être justifiée par l’intérêt collectif de la copropriété, et non par les intérêts particuliers de certains résidents.

Modifier le règlement en assemblée générale

Quand le règlement de copropriété est inadapté aux besoins actuels : parce que des abus répétés se produisent dans les zones de stationnement, ou parce que de nouvelles situations comme les véhicules électriques n’y sont pas encore prévues : il est modifiable en assemblée générale. Cette modification requiert la double majorité de l’article 26 de la loi de 1965 : la majorité des membres du syndicat représentant au moins les deux tiers des voix.

La procédure est exigeante et nécessite une préparation rigoureuse de l’ordre du jour avec les majorités exactes indiquées pour chaque point soumis au vote. Elle reste le seul moyen de faire évoluer les règles de façon opposable à tous les coproprietaires, y compris ceux qui n’ont pas participé au vote et les futurs acquéreurs des lots de la résidence.

Les différents types de stationnement en copropriété

Comprendre le stationnement en copropriété passe par la distinction entre trois grandes catégories d’emplacements, qui n’obéissent pas aux mêmes règles et ne confèrent pas les mêmes droits à leurs occupants :

  • Les parties communes générales de stationnement : zones accessibles à tous les coproprietaires et locataires, sans attribution individuelle. Chacun peut y stationner dans le respect du règlement, sans droit exclusif sur une place précise.
  • Les parties communes à jouissance privative : un emplacement est affecté à l’usage exclusif d’un lot précis, mais reste propriété collective de la copropriété. Le titulaire bénéficie d’un droit d’usage, pas d’une propriété individuelle cessible séparément du lot principal.
  • Les lots de stationnement privatifs : lot à part entière dans le règlement de copropriété, avec ses propres tantièmes. Le propriétaire peut le vendre ou le louer librement, sous réserve des dispositions du règlement.

Cette distinction a des conséquences directes sur les charges de copropriété : les dépenses liées aux zones communes de stationnement : éclairage, entretien, signalisation, réparations de structure : sont réparties entre tous les coproprietaires selon leur quote-part, alors que les charges d’un lot privatif incombent à son seul propriétaire. Les conflits sur la répartition des charges sont fréquents quand cette distinction n’est pas bien comprise dès l’acquisition.

Sur le terrain, je vois souvent des coproprietaires qui ignorent que leur place est en jouissance privative et non en pleine propriété individuelle. Cette confusion crée des difficultés lors de la revente, car une place en jouissance privative ne peut généralement pas être cédée séparément du lot principal auquel elle est rattachée dans le règlement de copropriété.

Quelles règles s’appliquent concrètement au stationnement en parties communes ?

Dans les zones de parties communes affectées au stationnement, les règles qui s’imposent à tous découlent d’abord du règlement de copropriété, puis des décisions d’assemblée générale. Chaque coproprietaire et chaque locataire peut utiliser les parties communes dans le cadre de leur destination habituelle. Un stationnement temporaire pour charger ou décharger des affaires est généralement toléré ; en revanche, laisser un véhicule en stationnement prolongé dans une zone non prévue à cet usage constitue un trouble de jouissance pour les autres résidents.

Le syndic de copropriété est chargé de faire respecter le règlement. Sur décision de l’assemblée générale, il peut faire apposer des panneaux de signalisation, installer des barrières ou des bornes d’accès, ou mandater une société spécialisée pour faire enlever les véhicules en infraction. Il ne peut pas prendre seul des mesures importantes : ses pouvoirs propres sont limités par la loi, et les décisions substantielles nécessitent une autorisation formelle de l’assemblée générale.

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Les locataires d’appartements en copropriété bénéficient des mêmes droits d’usage des parties communes que les coproprietaires eux-mêmes, dans la limite de ce que leur bail prévoit. Le propriétaire bailleur est responsable d’informer son locataire des règles du règlement de copropriété, notamment celles qui concernent le stationnement dans la résidence. Un locataire qui enfreint ces règles engage la responsabilité de son propriétaire vis-à-vis du syndicat des coproprietaires.

Mauvais stationnement en parties communes : que faire ?

Un véhicule stationné de façon abusive dans les parties communes d’une copropriété : qu’il bloque un accès, occupe une place attribuée à un autre lot ou stationne dans une zone explicitement interdite : constitue un trouble de jouissance des parties communes. Ce type de situation est fréquent dans les résidences denses, et des voies de recours existent à chaque niveau d’escalade.

Face à ces situations, la réponse dépend du niveau de gravité du problème et de la réactivité des parties concernées. Une escalade progressive reste la meilleure approche pour préserver les relations de voisinage tout en obtenant le respect des règles communes inscrites dans le règlement de copropriété.

Les démarches amiables en premier recours

La première étape est toujours la démarche amiable. Contacter directement le propriétaire du véhicule, si son identité est connue, règle souvent le problème rapidement et sans conflit. Si la situation persiste ou si le propriétaire du véhicule est inconnu, il faut saisir le syndic par écrit : un simple courriel suffit, mais la forme écrite est indispensable pour conserver une trace en cas d’escalade ultérieure. Le syndic a l’obligation de traiter la demande et de contacter le coproprietaire ou le locataire concerné pour lui rappeler les règles du règlement.

Cette démarche via le syndic fonctionne dans la majorité des cas. Elle permet aussi de constituer un dossier documenté en cas de récidive, ce qui facilite d’éventuelles suites judiciaires ou des décisions de l’assemblée générale sur le sujet.

Les recours juridiques en cas d’échec

Si la démarche amiable échoue, plusieurs voies s’ouvrent. La mise en demeure formelle adressée par le syndic au coproprietaire concerné constitue une étape intermédiaire. En cas de blocage d’accès ou de danger immédiat, il est possible de faire appel aux forces de l’ordre pour établir un constat officiel. Dans les situations de stationnement constituant une gêne grave à la circulation dans la résidence, une demande d’enlèvement forcé peut être soumise à la préfecture.

Pour les situations les plus complexes : place privative occupée par un tiers sans aucun droit, véhicule en stationnement depuis plusieurs semaines sans propriétaire identifiable : le recours au tribunal judiciaire reste envisageable. Le syndicat des coproprietaires, représenté par son syndic, peut saisir le juge des référés en urgence pour faire cesser le trouble et obtenir réparation du préjudice subi.

Réunion de copropriétaires en assemblée générale

Le droit à la prise : une règle récente qui change la gestion du stationnement

Depuis la loi ELAN de 2018 et ses décrets d’application, le droit à la prise permet à tout coproprietaire ou locataire disposant d’un emplacement privatif de faire installer une borne de recharge pour véhicule électrique dans la copropriété, sans avoir à obtenir l’accord préalable de l’assemblée générale. Le syndicat dispose d’un droit d’opposition motivée, limité à des situations précises définies par la loi. Ce droit s’exerce via une demande formelle notifiée au syndic, qui dispose d’un délai légal pour y répondre, et les travaux doivent être réalisés par un professionnel qualifié.

Pour les parties communes, l’installation de bornes de recharge collectives est une décision qui relève de l’assemblée générale, à la majorité simple de l’article 24. En 2026, le développement de la mobilité électrique fait de ce sujet l’un des points les plus discutés dans les assemblées générales de copropriété partout en France. Les copropriétés construites depuis 2023 ont d’ailleurs l’obligation légale de précâbler leurs emplacements de stationnement pour permettre l’installation future de bornes sans travaux structurels supplémentaires.

Si vous envisagez de louer un emplacement équipé d’une borne de recharge, les règles applicables rejoignent celles qui encadrent le bail pour louer un garage, avec quelques spécificités liées à la fourniture d’électricité et à la facturation de la consommation au locataire.

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Louer ou vendre une place de parking en copropriété : quelles règles ?

Le propriétaire d’un lot de stationnement privatif peut librement louer ou vendre sa place, sous réserve des dispositions du règlement de copropriété. Certains règlements limitent la location à des personnes résidant dans la copropriété, d’autres l’interdisent totalement pour des raisons de sécurité ou pour limiter la circulation de non-résidents dans les parties communes. Avant toute démarche, la vérification du règlement s’impose en priorité, et un bail de stationnement formel est recommandé dans tous les cas pour sécuriser la relation locative.

La location d’un emplacement génère des revenus locatifs soumis à l’impôt sur le revenu. Le régime fiscal applicable dépend du montant des sommes perçues et de la situation personnelle du bailleur. Pour éviter toute erreur dans votre déclaration, renseignez-vous sur les modalités pour déclarer les revenus d’une location de parking, ainsi que sur les éventuelles questions de TVA selon le type de location envisagé.

Pour les coproprietaires qui envisagent d’acquérir un lot de stationnement comme placement immobilier, la rentabilité locative d’une place dépend avant tout de la localisation, de la rareté des emplacements dans le secteur et du niveau des charges à supporter. Une analyse sérieuse des stratégies pour investir dans un parking permet d’évaluer le potentiel réel de cet actif avant tout engagement financier.

Ce que l’assemblée générale peut décider en matière de stationnement

L’assemblée générale est l’organe souverain de la copropriété pour toutes les décisions collectives. En matière de stationnement, ses compétences couvrent aussi bien la gestion des zones existantes que la création de nouveaux aménagements. Les décisions peuvent être proposées à l’ordre du jour par le syndic, par un ou plusieurs coproprietaires ou par le conseil syndical, dans le respect des délais de convocation légaux.

  • La délimitation ou la modification des zones de stationnement dans les parties communes ;
  • L’attribution ou la suppression de places à jouissance privative pour certains lots ;
  • L’installation d’une signalisation adaptée, de marquages au sol, de barrières ou d’un système de contrôle d’accès ;
  • Le mandat donné au syndic pour faire enlever les véhicules en infraction, sans autorisation préalable à chaque incident ;
  • Des travaux d’aménagement : création de nouvelles places, installation de bornes de recharge collectives, sécurisation des accès.

Les majorités requises varient selon la nature de la décision : majorité simple (article 24) pour les actes de gestion courante comme la mise en place d’une signalisation, majorité absolue (article 25) pour certaines décisions d’équipement ou de travaux, et double majorité (article 26) pour toute modification du règlement de copropriété. Inscrire un point à l’ordre du jour avec la bonne majorité indiquée est indispensable pour que la décision soit valable et opposable à tous.

Les décisions prises en assemblée générale s’imposent à l’ensemble des coproprietaires, y compris à ceux qui ont voté contre ou qui étaient absents lors du vote. Elles sont consignées dans le procès-verbal d’assemblée générale, document qui fait foi en cas de litige et que le syndic a l’obligation de transmettre à chaque coproprietaire dans un délai d’un mois après la réunion.

Les cas particuliers : épaves, deux-roues et camping-cars

Certaines situations atypiques reviennent régulièrement dans la gestion quotidienne du stationnement en copropriété, sans que le règlement les prévoie toujours explicitement. Savoir quelle procédure s’applique permet d’éviter des erreurs qui peuvent exposer le syndicat à des recours juridiques coûteux.

Le cas du véhicule abandonné est l’un des plus délicats. Un véhicule immobile depuis plusieurs semaines, sans plaque d’immatriculation ou en état de dégradation avancée, peut être qualifié d’épave. La procédure d’enlèvement est strictement encadrée : le syndic doit constituer un dossier, contacter la préfecture et respecter un délai réglementaire de mise en demeure avant tout enlèvement forcé. Agir sans respecter cette procédure expose le syndicat à des recours de la part du propriétaire du véhicule.

Les deux-roues motorisés soulèvent des questions pratiques fréquentes : le règlement peut prévoir des zones spécifiques pour les motos et scooters, distinctes des places automobiles. En l’absence de précision, ces véhicules accèdent aux mêmes zones que les voitures dans les mêmes conditions. Quant aux camping-cars et caravanes, la majorité des règlements les excluent des parties communes en raison de leur encombrement excessif. Si le règlement est silencieux sur ce point, l’assemblée générale reste compétente pour voter une décision encadrant leur stationnement dans la résidence.

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